L'improvisation générative

IMPROVISATION GÉNÉRATIVE

(entretient Anne Montaron)

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Par le terme improvisation générative on désigne une forme d'improvisation libre, basée sur des principes d'écoute et d'invention musicale instantanée. Elle n'obéit pas à un style ou un idiome musical, toutefois les questions de mémoire individuelle et collective sont présentes et les liens avec les musiques traditionnelles, le jazz et la musique contemporaine sont nombreux.

La classe d'Improvisation Générative a été créée par Alain Savouret en 1993. Elle s'adresse aux instrumentistes et chanteurs désireux de diversifier leur pratique par le développement de leur capacité d'invention musicale.
Par l'accumulation d'expériences et une réflexion sur les notions spécifiques à l'improvisation, l'improvisateur
fait face à de nombreuses situations tout en affirmant la spécificité de son propre vécu musical.
Le concours d'entrée est réservé aux étudiants déjà en cursus au CNSMDP et a lieu chaque année en Octobre.

Alexandros Markeas et Vincent Lê Quang sont les professeurs de cette classe qui fait partie du département Jazz et musiques improvisées.


Au Conservatoire de Paris, par exemple, il y a une sorte de guerre entre “improvisation idiomatique”,
“improvisation jazz”, “improvisation modale” et la classe d' “improvisation générative”– dirigée par Alain Savouret et autrefois Rainer Bœsch – qui propose une alternative à cela. Le terme “génératif” est en réalité assez flou ; quelque chose comme une musique jouée par une personne qui génère celle d'un autre, une musique découlant d'une improvisation collective avec une écoute et une réaction par rapport à ce que fait l'autre.

Mais est-ce que cela a un sens, de parler d'improvisation et de génératif ? Même des musiciens très libres – Joëlle Léandre, Misha Mengelberg, Fred van Hove... – ont un bagage, une culture, et les choses jaillissent dans l'improvisation. Si ce ne sont pas des citations, ce sont des références, des connivences, des rappels...
C'est comme dans la parole.


Jean-Pierre Drouet m'a dit un jour : “Mais pourquoi parler de l'improvisation musicale ? Ou alors, on parle de l'improvisation de tous les instants, puisque quand on parle, tous les jours, on improvise je ne sais combien de mots, de phrases... on est dans l'improvisation permanente.”

Finalement, à quoi cela sert-il de faire ce distinguo entre improvisation idiomatique et improvisation générative ? Le musicien a forcément une grammaire, un vocabulaire, un bagage... et il essaie de faire le vide afin que les choses soient à égalité dans la tête et dans l'imaginaire, pour en disposer et pour que ce soit, au final, la spontanéité de l'acte qui décide de ce qu'on utilise. Du moins je pense qu'il s'agit de quelque chose comme ça, pour l'avoir vu faire et avoir entendu s'exprimer les musiciens à ce sujet.


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Pour Vinko Globokar, “l'improvisation, c'est une nécessité intérieure, exprimer ce qu'on est et qui on est. ”